Historique

Docomomo a été créé lors de la Conférence d'Eindhoven aux Pays-Bas, en 1990, sous l'impulsion conjointe de deux architectes : Hubert-Jan HENKET et Wessel DE JONGHE. À l'issue de cette conférence fondatrice, six objectifs – appelés les objectifs d’Eindhoven – ont été définis. En 2014, lors de la XIIIe conférence internationale de Docomomo à Séoul, ces objectifs ont été actualisés et sont aujourd'hui au nombre de sept :

  1. Promouvoir l'importance de l'architecture du Mouvement moderne auprès du public, des autorités, des professions et de la communauté éducative ;
  2. Identifier et promouvoir l'étude des oeuvres du Mouvement moderne ;
  3. Promouvoir la conservation, l'usage et la réaffectation des édifices et des sites du Mouvement moderne ;
  4. S'opposer à la destruction et au défigurement des édifices de référence ;
  5. Favoriser et diffuser le développement des techniques et des méthodes de conservation appropriées, ainsi que des usages et des réaffectations adaptés ;
  6. Promouvoir le financement de la conservation, de la documentation, de l'usage et de la réaffectation ;
  7. Explorer et développer des idées nouvelles pour l'avenir d'un environnement bâti durable basé sur les expériences passées du Mouvement moderne.

Ces objectifs sont à la base du mouvement Docomomo, et donc de l'action de la section française, qui a été créée en 1991 avec Gérard MONNIER, président jusqu’en 2001.

Plusieurs textes, à portée théorique, expriment les principes qui animent l'action de Docomomo France dans son ensemble :

Charte de Venise

Charte internationale sur la Conservation et la Restauration des Monuments et des Sites, adoptée par l’ICOMOS en 1965.

Charte de Burra

Charte pour la conservation des lieux et des biens patrimoniaux de valeur culturelle, adoptée en 1979 par ICOMOS Australie et modifiée en 1981, 1988 et 1999.

Déclaration d'Istanbul

Les experts de la conservation du patrimoine architectural et de l'urbanisme de 23 pays se sont réunis les 18 et 19 Mai 2002 à Istanbul avec les représentants des comités nationaux du Groupe européen de l'ICOMOS et ont eu l'occasion d'échanger leurs idées et leurs expériences sur les problèmes concernant la conservation du patrimoine architectural du XXe siècle en considérant les effets du développement économique rapide et de la mondialisation.

  1. Nous reconnaissons la valeur universelle de la culture du XXe siècle dans toute sa diversité nationale et régionale. Cette valeur est exprimée dans l'architecture, la planification urbaine, les jardins, les espaces publics et les aménagements paysagers, et dans toute sa variété de style, fonction et typologie. Nous sommes convaincus que le patrimoine architectural et urbain du XXe siècle doit être considéré comme étant aussi important et irremplaçable que celui des autres périodes.
  2. Nous sommes convaincus qu'en vue de préserver la mémoire collective de l'humanité, une plus grande reconnaissance doit être portée à la diversité et la richesse de la culture du XXe siècle en architecture, planification urbaine et conception, aux niveaux national, régional et local.
  3. Nous soutenons le besoin d'avancer la reconnaissance de la valeur culturelle et sociale du patrimoine architectural du XXe siècle, ainsi que sa contribution à la viabilité économique comme un moyen de mettre en place des solutions durables pour sa conservation en respectant la dignité humaine, les caractéristiques locales et les valeurs culturelles.
  4. Reconnaissant que la documentation et la conservation du patrimoine architectural du XXe siècle présentent un défi aussi bien qualitatif que quantitatif, nous recommandons que le processus d'inscription des bâtiments en vue de leur protection légale soit très sélectif.
  5. Nous recommandons qu'une attention soutenue soit portée à établir des lignes directrices nettes et claires pour la préservation du patrimoine architectural du XXe siècle afin de s'adapter aux changements en définissant les moyens où les limitations aux modifications de forme, matériau et technologie soient admissibles tout en permettant la durabilité de l'esprit et du caractère.
  6. Nous recommandons que l'attention soit portée aux moyens d'exploration pour permettre une plus grande représentation du patrimoine du XXe siècle sur la Liste du Patrimoine Mondial.
  7. Nous recommandons que les monuments clefs du patrimoine du XXe siècle, particulièrement quand leurs intérieurs et leurs mobiliers sont intacts, soient considérés comme des monuments-musées tout comme le patrimoine des autres siècles.
  8. En reconnaissant que deux des plus importants changements sociaux de la société du XXe siècle furent l'émancipation de la femme et la reconnaissance de la position des enfants comme individus égaux, nous recommandons que l'attention soit portée à la préservation des monuments tels que écoles de filles, hôpitaux de femmes, jardins d'enfants etc. qui expriment cette part importante de l'histoire sociale.
  9. En poursuivant ces recommandations nous soutenons fermement le besoin d'optimiser la coopération pluridisciplinaire au niveau national et international et le dialogue entre professionnels, investisseurs et décideurs.

Nous sommes convaincus que les rencontres périodiques et les autres moyens de partage des expériences doivent être encouragés afin d'identifier et de mutualiser les meilleurs exemples. Nous recommandons particulièrement une coopération grandissante entre ICOMOS, UIA, ISOCARP, TICCIH et DoCoMoMo afin de faire émerger le profit mutuel qui découlera des projets, activités et résultats de chacun.

Signataires :

Monsieur Michael PETZET, Président de l'ICOMOS International,
Madame Christiane SCHMUCKLE-MOLLARD,  Vice-Présidente de l'ICOMOS International​,
Monsieur Wessel DE JONGHE, Secrétaire de DoCoMoMo International.